Je me rappelle. Je me rappelle ce vieil homme à la gare de Valmondois que j'ai aidé pour transporter son énorme valise d'un quai à l'autre. Un homme tout à fait passionné et intéressant du fait qu'il semblait savoir ce qui arriverait aujourd'hui.
"Le grand bazar", il l'avait appelé comme ça, et moi, avec mes mots à moi, "le grand bordel". Ce qui est amusant car il partait justement pour le Maghreb, le Maroc plus précisément si je me souviens bien. "La Terre Promise", disait-il, "Je vais là-bas afin de la préparer pour les jeunes qui auront le bon sens de fuir ce grand bazar."
Ce qu'il me prédisait, c'était notre situation aujourd'hui, la situation Française. Cette sorte de fin du monde nationale, avec ses gens dans la rue, ses morts, ses tueurs, ses Présidents, ses guerres et ses conflits, la faim, la destruction, la haine et le mépris.
Voilà à peu près dans quoi nous sommes aujourd'hui, ce à quoi il s'attendait, ce vieillard plein d'avenir.
"La fin est pour bientôt. Attendez 2011-2012, dans ces eaux-là, ce sera du goudron, noir, collant et putride. Pensez-y. Quand ça commencera, vous saurez."
Et maintenant que c'est le grand bordel, je me rends compte que j'y ai participé, en autres façons en votant pour l'actuel Président de la République Française, Nicolas Sarkozy.
Mais tant pis, qu'à cela ne tienne, je suis parti jusqu'en 2012 au moins et s'il le faut, nous déménagerons tous dans un pays du Benelux (histoire de continuer à parler français) travailler pour une entreprise française et gagner deux fois plus.
Qui m'aime me suive !